
On connaît une bonne part de son métier en direct
, par ses formateurs, mentors, tuteurs, collègues, et soi-même. On en connaît un peu, de plus loin, par certaines figures qui ont développé le métier jusqu’aujourd’hui. Mais on connaît très peu du métier tel qu’il a été fondé et déployé depuis ses origines. Cette part, prépondérante, les hommes du métiers en sont tissés…
Le praticien est immergé dans des fondamentaux, des savoirs de base du métier, qui remontent souvent loin dans le temps. Il est largement dépassé par son métier.

… Le travail est relié au métier
Je ne vais pas confier mon auto à un "garagiste" parce qu’il a des outils, des méthodes, des compétences (je ne peux pas en juger par moi-même). Je lui fais confiance parce qu’il s’intéresse d’abord à moi et à ma difficulté dans ma situation, puis à son métier, et seulement après le client et le métier, il va me proposer des produits/services qui lui paraissent appropriés.

L’intelligence en action du mécano,
qui contourne une pièce endommagée et la remplace par un moyen “de fortune” … Ou celle qui permet de faire repartir très vite une voiture de rallye sans changer la pièce défectueuse, pas accessible ou trop longue à changer…
Cette intelligence du métier s’est tissée au fil du temps. Ce n’est pas une somme, mais une intelligence conjuguée durant des générations ; c’est l’histoire du métier.

La mémoire d’un métier n’est pas successive, elle est cumulative
Les tâches peuvent paraître successives, elles le sont d’ailleurs en situation d’esclavage. C’est dans la coopération avec nos aînés dans le métier, nos tuteurs et mentors, que nous avons appris à mettre en œuvre notre intelligence et découvert notre passion pour cette activité. Petit-à-petit, le métier émerge et plus aucun geste ne peut être répété sans que le sens ne soit présent.